Tes yeux. Immenses. Ton regard doux et patient où brûle ce feu qui te consume. Où sans relâche la nuit meurtrit ta lumière. Dans l'âtre, le feu qui ronfle, et toi, appuyée de l'épaule contre le manteau de la cheminée. A tes pieds, ce chien au regard vif et si souvent levé vers toi. Dehors, la neige et la brume. Le cauchemar des hivers. De leur nuit  interminable. La route impraticable, et fréquemment, tu songes à un départ , une vie autre, à l'infini des chemins. Ta morne existence dans ce village. Ta solitude. Ces secondes indéfiniment distendues quand tu vacilles à la limite du supportable. Tes mots noués dans ta gorge. A chaque printemps, cet appel, cet élan, ta force enfin revenue. La route neuve et qui brille. Ce point souvent scruté où elle coupe l'horizon. Mais à quoi bon partir. Toute fuite est vaine et tu le sais. Les longues heures spacieuses, toujours trop courtes, où tu vas et viens en toi, attentive, anxieuse, fouaillée par les questions qui alimentent ton incessant soliloque. Nul pour t'écouter, te comprendre, t'accompagner. Partir, partir, laisser tomber les chaînes, mais ce qui ronge, comment s'en défaire ?Au fond de toi, cette plainte, ce cri rauque qui est allé s'amplifiant, mais que tu réprimais, refusais, niais, et qui au fil des jours, au fils des ans, a fini par t'étouffer. La nuit interminable des hivers. Tu sombrais. Te laissais vaincre. Admettais que la vie ne pourrait renaître. A jamais les routes interdites, enfouies, perdues. Mais ces instants où tu lâchais les amarres, te livrais éperdument à  la flamme, où tu laissais s'épanouir ce qui te poussait  à t'aventurer toujours plus loin, te maintenait les yeux ouverts face à l'inconnu. tu n'aurais osé le reconnaître, mais à maintes reprises, il est certain que l'immense et l'amour ont déferlé sur tes terres. Puis comme un coup qui t'aurait brisé la nuque, ce brutal retour au quotidien, à la solitude, à la nuit qui n'en finissait pas. Effondrée, hagarde. Incapable de reprendre pieds.
  Te ressusciter. Te recréer. Te dire au fil des ans et des hivers avec cette lumière qui te portait, mais qui un jour, pour ton malheur et le mien, s'est déchirée.


Par schoOeps le Mardi 18 mai 2010 à 16:28
Han.
Ce livre, je l'ai lu en Premiere.
Jamais une lecture obligatoire m'avait autant plu.
Et relire cet extrait, ces premieres pages, là. Wahou. Les souvenirs remontent.

Merci.
Par http://www.happy-surf.fr le Mercredi 20 mai 2015 à 10:01
mais en plus ,pouvoir extraire de leur regard et de leur peau et de leurs gestes cette grâce qui les rends si beaux... Je crois que c'est la seule chose qui m'intéresse.
Par http://www.fifaclub.fr le Mercredi 10 juin 2015 à 5:36
thanks
Par http://www.lestribusdu13.fr le Jeudi 13 août 2015 à 3:58
Mais en plus ,pouvoir extraire de leur regard et de leur peau et de leurs gestes cette grâce qui les rends si beaux... Je crois que c'est la seule chose qui m'intéresse.
Par http://www.peinturedecormerignac.fr le Samedi 10 octobre 2015 à 2:25
elndem Lehm hatte ich mich festgebissen. Die Schösse meines Rockes wehten zu meinem Seiten. In der Tiefe lärmte der eisige Forellenbach. Kein Tourist verirrte sich zu dieser unwegsamen Höhe, die Brücke war in den Karten noch nicht eingezeichnet. S
Par north face black friday sale 2015 le Mardi 17 novembre 2015 à 2:38
For he was usually over the knew man what of the gown this then i trying spend and called i to have something on depending i
Par http://www.quad-quads-quad.fr le Vendredi 27 novembre 2015 à 4:50
thanks
Par http://www.services-t.fr le Jeudi 14 janvier 2016 à 8:40
Die Schösse meines Rockes wehten zu meinem Seiten.
Par http://www.r-e-v-i.fr le Jeudi 10 mars 2016 à 3:27
Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu'au jour où, pas trop sûr de soi, on s'en va pour de bon.
Par http://www.villatatin.fr le Mardi 10 mai 2016 à 3:32
Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu'au jour où, pas trop sûr de soi, on s'en va pour de bon.
Par http://www.rotorlight.fr le Jeudi 30 juin 2016 à 5:27
tout est là, surtout en amour.
Par http://www.cantateo.fr le Lundi 8 août 2016 à 4:18
pour avoir besoin du bonheur des autres!
Par Adidas Pas Cher le Samedi 3 septembre 2016 à 4:36
Et on en trouve qui ne valent rien.
Par ray ban pas cher le Lundi 10 octobre 2016 à 5:20
de gris en gris, de pleurs en pleurs "
 

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